CAMILLE BOULARD

Art abstrait Camille Boulard galerie rouen street

Camille Boulard Untitled (2021)
Techniques mixtes sur plexiglass
124,5 x 83,5 cm

Camille Boulard naît en 1989 à Mont-Saint-Aignan, dans la périphérie de Rouen. Il passe son enfance à la campagne et découvre le graffiti au lycée grâce à son cousin, qui le pratique à Paris depuis le début des années 1990. En raison de graves problèmes de santé, l’adolescent s’exerce d’abord seul, dans des sketchbooks et à proximité de son domicile. Après avoir passé son bac, il intègre en 2006 l’école d’art du Havre, en section arts graphiques et interactivité. Il rencontre la scène graffiti locale et s’oriente vers une pratique « vandale ».

Juste après l’obtention de son diplôme en 2012, Camille Boulard s’installe à Lille avec sa compagne. Il y découvre une scène active, et se rapproche du Flow – centre euro régional des cultures urbaines, et de la Maison-folie Moulins où il fait une résidence en 2014. Sous le pseudonyme de Prisme, il y poursuit aussi une double pratique artistique dans l’espace public. Tout en continuant à faire des graffitis, il développe un travail mural nourri par son expérience de graphiste et de typographe : sur des murs ou rideaux de commerçants, il élabore à l’intérieur d’une grille des formes abstraites et géométriques dans une palette vive et dynamique. Camille Boulard s’affranchit ainsi par degrés du lettrage et s’oriente vers la réalisation de fresques, « sauvages » ou commanditées. Ses inspirations sont diverses, du graffuturisme aux PAL et à Saeio, dont la liberté formelle le réjouit.

En 2017, l’artiste retourne vivre à Rouen. Il se rapproche du collectif Lucien, qui organise des soirées et lui commande une première fresque, bientôt suivie d’autres collaborations avec divers commanditaires. Ses activités lui valent d’être repéré par la galerie Outsiders. Celle-ci l’oriente vers la création de toiles qui sont autant de samples des comics américains. Le « prisme » de Camille Boulard se diffracte alors en deux facettes distinctes. D’un côté, un travail mural graphique et abstrait. De l’autre, une œuvre d’atelier figurative, héritière de la ligne claire et résolument pop.

Les interventions in situ de l’artiste aiguisent toutefois son désir d’expérimenter de nouvelles formes. Dans les friches, il développe un style qu’il qualifie de « galactique », dans la lignée des Ultraboys, de Funco ou de Felipe Pantone. Il transpose bientôt ses essais sur des toiles et des plaques de zinc. Ses outils, qu’il fabrique lui-même pour mieux les ajuster à ses supports et aux gestes qu’ils font naître, se diversifient. Ses influences aussi : dans ses aplats noirs, se lit l’héritage de Pierre Soulages et sa capacité à faire surgir la lumière de l’outre-noir. Renouant avec l’abstrait, Camille Boulard développe ainsi une synthèse entre les activités de Prisme et son travail d’atelier.

A l’instar de ses œuvres in situ, ses toiles et pièces en zinc se veulent sensibles au passage du temps. En recourant à l’eau ou à la corrosion de l’acide, l’artiste conçoit en effet des œuvres dont l’achèvement ne fige pas la forme. De par leurs caractéristiques, elles sont vouées à évoluer au-delà de leur réalisation, selon une temporalité qui échappe à Camille Boulard, et c’est tant mieux : l’héritage le plus sensible du graffiti se loge justement dans son acceptation d’un certain degré d’entropie.

Retrouvez toute la sélection des tableaux et œuvres originales de Camille Boulard par la galerie Outsiders ici.

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LES ŒUVRES DE CAMILLE BOULARD